Giro d’Italia 2008 – Licata Vini

21 octobre 2008

Le Giro d’Italia de Licata Vini est LE rendez-vous incontournable de l’amateur de vins italiens, et devrait l’être aussi pour tout amateur de vin tout court…

Au programme, plus de 250 vins, venant de toute l’Italie. Impossible de goûter tout, les papilles n’y résisteraient pas, mais j’en ai quand même goûté 76, ce qui n’est tout de même pas rien 😛 .

Plutôt qu’un compte rendu long et monotone, je vais résumer en trois catégories : les découvertes, les classiques, les coups de coeur et le coup de gueule.

Je ne mettrai auun lien direct vers les vins, vous les trouverez sans peine en faisant une recherche sur leur nom sur le site de Licata.

Les découvertes

Pieropan, un viticulteur de Soave, en Vénétie. Spécialiste des blancs, son Rocca 2006- fait en 100% garganegra – est une vraie slendeur. Il vinifie également un rouge, Ruberpan 2004, sur la même base que les amarone (corvina, rondinella, molinara), mais en fermentation basse température, ce qui donne un vin surprenant, sur le fruit, tres stylé et fort peu tannique. Enfin, signalons son Recioto di Soave, en liquoreux, qui est plus qu’intéressant.

Les vins pétillants de Franciacorta – région de Bergame – produits par Ronco Calino. Le brut millésimé 2003 est impressionnant, et vaut les meilleurs champagnes, n’en déplaise à certains, pour un prix nettement inférieur. Toujours bon à savoir quand les fêtes de fins d’année approchent!

Un Nero d’Avola Sicilen de Calatrasi. Un vin jeune, 2006, mais très stylé et fin, tout le contraire de beaucoup de Nero d’Avola, ensoleillés, alcoolisés, boisés et proprement agressifs. Ici, on est vraiment dans un vin qui exprime le caractère épicé, et le cépage, plutôt que le soleil et la barrique. Bravo!

Les classiques

Impossible de lister ici les nombreux vins dégustés et toujours aussi séduisants d’une année à l’autre. Je commencerai d’abord par les vins de Basilicata de la Cantine del Notaio. Leur entrée de Gamme, l’Atto 2006 est très aromatique, typiquement le style de vin que j’adore. Pour suivre, l’Aglianico delVulture ‘Il Repertorio’ – toujours en 2006 – est tout simplement superbe! Enfin l’Aglianico del Vulture ‘La Firma’ – un 2004 – est encore fort tannique, et se fera apprécier d’ici 3-4 ans. Notez au passage que ce producteur travaille en biodynamie.

Ensuite, deux producteurs, et ça a été très dur de n’en retenir que deux, de ma région favorite, le Piémont. D’abord, Monsieur Elio Altare, un véritable magicien du vin qui vinifie des Dolcetto, des Barbera, et surtout des Barolo – le 2004 – d’une classe tout à fait unique. Des vins de rêve, qui procurent du plaisir jeunes (c’est sufisamment rare en Barolo que pour le noter!) qu’après des années d’attentes récompensée par un vin grandiose.

Mon second choix s’est porté sur Aldo Conterno, qui nous donne depuis longtemps de grands grands Barolo de garde. On pouvait déguster son Langhe Rosso 2005, vin encore jeune, mais déjà stylé et tellement typé Nebbiolo. Un vin idéal pour ceux qui désirent approcher le Barolo je dirais. Ensuite, son Barbera 2005 – facile d’accès, souple, plaisant; et enfin, son Barolo 2004, qui demande encore du temps, mais qui est plus que prometteur dans cette grande année en Piémont.

Les coups de coeur

Les vins blancs du domaine Panizzi, des Vernaccia di San Geminiano. Les trois vins proposés étaient tous excellents, mais le coeur me porte vers le Vernaccia di San Geminiano Santa Magherita 2007. Sec, fruité et d’une longueur surprenante. Un régal, à un prix très accessible…

Un dernier coup de coeur concernant Domenico Clerico, qui produit des Barolos de très très longue garde. Pour avoir récemment ouvert un de ses 1986, pure merveille, on se réjouit de pouvoir déguster les deux présentés, le Barolo Pajana 2003 et le Barolo Ciabot Mentin Ginestra 2004 d’ici quelques années…

Le coup de gueule

La seule chose que je regrette, c’est l’inflation des prix… D’année en année, les prix partent à la hausse, et pour certains vins, ça devient vraiment too much. On nous dira que c’est le prix de la qualité, que les USA et le Japon achètent en masse (et souvent les yeux fermés!), mais le résultat c’est que certains de ces grand vins seront bus par des iconoclastes patentés ou sacrifiés sur l’autel de la spéculation. Et ça, ca m’emmerde, pour le dire platement!

Je garde tout de même un excellent souvenir de cette édition 2008, et vais sans doute passer une petite commande un de ces quatre…

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Cederberg – Sauvignon 2007

15 septembre 2008
Jolie bouteille!

Jolie bouteille!

Voici un vin Sud-Africain, pour changer… Bien que n’ayant pas encore posté sur ces vins, je reste un fan des vins de ce pays. Pour plusieurs raisons.

D’abord la qualité; j’ai rarement pris ces vins, rouge ou blanc, en défaut; ils sont en général bien faits et représentatifs de leurs cépages. Je n’irai pas jusqu’à dire de leurs terroirs, car je suis néophyte en matière de terroirs sud-africains et je n’aime pas parler de ce que je ne connais pas 🙂 .

Ensuite, la transparence. Si vous visitez le site de ce producteur, et c’est le cas avec nombre d’entre eux, vous trouverez absolument tous les détails concernant l’élevage, la vinification, la maturation et la mise en bouteille. Pas de botte secrète, de rajout de X ou Y en catimini comme certains européens savent le faire, suivez mon regard…

Enfin, ces vins sont accessibles au niveau du prix, et un vin sud-africain de grande qualité vous coûtera rarement plus de 12 à 15€, avouez qu’il faut bien chercher pour retrouver des rapports qualité/prix aussi attrayants dans notre bonne vieille Europe!

Cederberg – Sauvignon 2007

La présentation de la bouteille est jolie, emballée dans un papier de soie et un joli carton; c’est un gage de professionalisme et de respect du client.

La robe est très claire, le vin assez gras. Au nez, on note immédiatement les arômes de fruits de la passion, avec une note d’herbe coupée…

En bouche, l’attaque est franche, on retrouve ce même fruit de la passion, avec une finale légèrement acidulée, qui laisse une bouche fraîche. À noter qu’après aération, l’acidité finale diminue quelque peu; comme quoi on a toujours intérêt à aérer un vin jeune, que ce soit en carafe ou dans le verre…

C’est un vin de plaisir, certes pas de longue garde – le producteur ne s’en cache pas il n’est pas fait pour – 2 ou 3 ans au maximum…

Je possède d’autres vins de ce producteur, dont du rouge qui est excellent; ça me donnera l’occasion d’un nouveau post lorsque j’en ouvrirai une bouteille!

Vous trouverez ce vin chez un très accueillant caviste de Hannut, The Capetonian, qui ne vend que des vins sud-africains! Le site n’est pas très joli, mais il y a au moins l’adresse 😛 …


Domaine Philippe Delesvaux – Coteaux du Layon St-Aubin 2004

11 septembre 2008

Présente-t-on encore Philippe Delesvaux? Ce  viticulteur passionné de Loire qui produit quasi exclusivement de très grand liquoreux? Un petit mot quand même… Il cultive en bio, est obsédé, certains diraient possédé 🙂 , par la qualité et produit des vins fabuleux! Une dégustation de ses vins vous emmène vers la finesse, la volupté et les plaisirs des plus intenses (si, si, je parle de vin!)…

Dans sa gamme de liquoreux, le Clos de la Guiberderie se situe au millieu, à un prix plus qu’abordable, puisqu’il vous coûtera moitié moins qu’un mauvais Sauternes de supermarché sucré au jus de bettrave… Avouez que ça vaut frachement le coup!

Domaine Philippe Delesvaux, Coteaux du Layon St Aubin – Clos de la Guiberderie 2004

Ce vin est bien entendu un Chenin 100%, élaboré avec une majorité de raisins passerillés et quelques botrytisés. La robe de ce vin est dorée, avec de beaux reflets. Au nez,les fruits confits se font remarquer en premier, avec des notes florale assez fraîches…

En bouche, il est puissant, assez dense mais toujours d’une finesse caractéristique des Delesvaux; la toute grand classe en somme… Il offre une longueur tout à fait remarquable…

J’ai bu ce vin par pur plaisir, en apéritif, mais pour les amateurs d’accords mets-vins inhabituels, j’ai récemment ouvert un Quart de Chaumes 1988 avec un poulet au gingembre, grandiose!!!

L'essayer, c'est l'adorer!

L'essayer, c'est l'adorer!

Pour les amis Belges, on trouve de nouveau ce flacon à la Cave des Oblats


Domaine Combier – Clos des Grives 2001

10 septembre 2008

Voici un domaine qui pratique l’agriculture biologique depuis les années 1970, le Domaine Combier. Le domaine produit de très beaux Crozes-Hermitage, avec une bonne aptitude à la garde… Je possède des bouteilles de plusieurs millésimes, j’ai choisi pour cette dégustation un 2001, une très bonne années en Rhône Nord…

Domaine Combier – Crozes Hermitage – Clos des Grives 2001

Le haut de gamme de chez Combier, une sélection parcellaire de vieilles vignes en fait… Au niveau visuel, la robe est rouge foncée, tirant vers le pourpre. Elle est moyennement dense, normal pour un Crozes, et il y reste un peu de dépôt, toujours relativement normal pour un vin bio…

Au niveau olfactif, on remarque les fruits rouges, les baies et un léger boisé. En bouche, le vin offre une belle matière, des tanins fondus et une longueur presque surprenante… Un vin riche, qui se suffit à lui même, et qui procure un plaisir intense… Un vrai régal!

Le fameux Clos des Grives

Le fameux Clos des Grives

Pour les amis Belges, on trouve ce flacon à la Cave des Oblats, où l’accueil de David Michel est toujours aussi sympa.


Le Petit Jaboulet – Syrah 2006

19 août 2008

Voici un vin facile, fait par une grande maison : Paul Jaboulet Aine. Cette maison est l’une des plus connue du Rhone, et travaille la plupart des appellations, telles l’Hermitage, le Crozes-Hermitage, le Cornas, etc… Elle vient recemment de changer de proprietaire, mettant fin aux querelles familiales des derniers heritiers Jaboulet.

J’ai achete et goute ce vin sur conseil d’un ami, qui me l’avait recommande comme un vin d’ete, facile et agreable.

Le petit Jaboulet est un vin de pays et c’est le moment de tordre le cou a cette croyance qui veut que seuls les vins en AOC sont interessants. L’AOC a pour but de garantir un minimum de standardisation autour d’un vin donne. Elle met donc en place un cahier des charges que le viticulteur respecte afin de recevoir l’AOC.

On lui demande ainsi un tel degre d’alcool, un tel ou tel rendement, etc… Il n’est nulle question de gout, mais de criteres techniques. Une AOC ne donne donc pas la garantie de boire un grand vin, mais tout au plus la certitude qu’il correspond a certains criteres techniques. Grande difference!!!

Depuis quelques annees, on constate meme que beaucoup de viticulteurs sortent du systeme AOC, et produisent officiellement un vin de table, et ce afin de pouvoir donner au vin une note plus personnelle, une interpretation du terroir qui leur parait plus interessante. Certains des plus grands vins sont donc officiellement des vins de table…

Mais revenons au petit Jaboulet…

Le petit Jaboulet – Syrah 2006

Tout d’abord, bravo pour la bouteille et l’etiquette; preuve que l’on peut allier vignoble et marketing avec succes. Ensuite, la robe du vin est violette et assez intense. Au nez, on remarque d’entree les fruits rouges, mais aussi l’alcool. En bouche, il revele une attaque un peu agressive, toujours de l’alcool, en fait un caractere assez vineux, mais une finale somme toute agreable et longue.

Ma premiere impression etait assez mitigee, car j’aime les Syrah plus fondus, plus styles. Maintenant, si l’on se replace dans le contexte (vin de soif, tres abordable €), cela permet de mettre les choses en perspective…

Enfin, j’ai laisse aerer quelque peu le vin; et la, il est devenu franchement beaucoup plus agreable… Comme quoi, un passage en carafe fait souvent du bien aux vins jeunes. Personellement, je n’hesiterais pas a le laisser un an en cave avant de le redeguster…

En resume, si vous cherchez, un vin facile, agreable pour vos pique-niques ou repas d’ete, le petit Jaboulet peut etre celui-la…

Une bien jolie etiquette

La fiche de degustation du producteur (c’est bien vendu! 🙂 )

Pour les amateurs belges, on trouve ce vin chez TG vins


Cornas 2006 – Pierre Gaillard

4 août 2008

Pierre Gaillard est un viticulteur bien connu du Rhone Nord, il vinifie des Cotes-Roties et des Saint-Joseph de toute beaute… Un Cornas de chez lui? Heresie vont dire certains, ca n’existe pas! Et ben si. Pour la premiere fois en 2006, il en a vinifie un. Ca valait bien le coup de le gouter, non? 😀

Pour ceux qui decouvrent cette appellation, sachez que la Syrah y revet un de ses plus beaux habits… Et qu’elle n’a pas encore vu ses prix gonfler de maniere tout aussi inquietante que disportionnee… Mais venons-en a la degustation proprement dite…

Cornas 2006 – Pierre Gaillard

Avec un vin jeune de chez Pierre Gaillard, je m’attendais a un boise assez marque. J’ai pu gouter son Cote-Rotie 2005, et c’etait le cas, meme si ce caractere s’affinera dans le futur.

Au niveau visuel, la robe est pourpre, avec des reflets violaces, framboises. Son intensite est assez forte, voire profonde. Au nez, on note de suite les fruits rouges (plutot sur les fruits des bois), le cote boise ainsi qu’un subtil arome de cuir, leger, mais qui au fil du temps devrait s’affirmer.

En bouche, on note de nouveau le cote boise, mais il reste raffine, voir discret et donc certainement pas marquant, ni envahissant. Bonne nouvelle! On retrouve ces aromes de fruits des bois, avec une bonne matiere. Le vin reste rond, et ses tanins sont certes presents (avec un 2006, le contraire eut ete suprenant) mais forts soyeux.

La finale est longue, l’impression generale est excellente, je dois avouer avoir pris beaucoup beaucoup de temps pour vider mes verres, tant le plaisir etait intense…

Pour un essai de Pierre Gaillard, c’est un coup de maitre! Un tres grand vin, qui donnera encore bien du plaisir d’ici 10 ans…

J'aime beaucoup l'etiquette...

Pour les internautes belges, je me suis procure le precieux flacon chez TG Vins. (publicite gratuite 🙂 )

Un grand merci a Fabian, pour la soiree, et sa toujours excellente cuisine!


Pinot Gris Vendanges Tardives 2001 – Domaines Schlumberger

26 juillet 2008

Pinot Gris Vendanges Tardives 2001 – Domaines Schlumberger

Un domaine connu, largement commercialise en Belgique, un vin tout aussi connu dans un cepage alsacien classique…

D’abord, pour ceux que ca interesse – et tant pis pour les autres 😉 – le domaine cultive en bio. Depuis un article recent mentionnant un taux de pesticides dans les grands bordeaux 75 fois plus eleve que celui admis dans l’eau du robinet [ca ne va pas me reconcilier avec le bordeaux!], j’avoue accorder une attention supplementaire a la maniere dont est cultive un domaine.

La degustation proprement dite… La robe est jaune/jaune pale, avec quelques reflets claris. Le nez est plaisant, sans etre toutefois aussi aromatique que le Sylvaner goute il y a peu ou certains Coteaux du Layons. Au nez, on distingue assez clairement les fruits confits, le coing et le caramel (restant assez leger).

En bouche, on note un equilibre assez bon entre acidite et caractere liquoreux, et le cote fruits confits, coings, poire cuite ressort de nouveau. Le cote liquoreux reste leger, de meme que la matiere, ce qui me semble normal vu le taux de sucre (103 g/l); ce doit etre tout different sur le grains nobles et ses 154 grammes de sucre residuel par litre…

La longeur en bouche est correcte, et laisse la bouche fraiche, non pateuse, bref, ce qu’on peut attendre d’un bon liquoreux.

En resume, j’ai bien aime, mais ne suis pas reste sans voix lors de la degustation. Il faut dire que venant de liquoreux de Seppi Landmann et Philippe Delesvaux degustes recemment, la barre etait placee assez haut. Ceci dit, je trouve ce vin une alternative agreable pour un aperitif d’ete ou un dessert de fruits frais. Son caractere equilibre, semi-liquoreux lui donnera de la tenue, sans pour cela qu’il devienne envahissant. Par contre – et c’est un choix hautement personnel – je ne le servirai pas avec un foie gras.

La fiche du vin sur le site des Domaines Schlumberger